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Rééducation post-AVC (OFF LABELL)

Lors d’un accident vasculaire cérébral (AVC), une zone plus ou moins grande du cerveau n’est plus approvisionnée en oxygène, et des populations entières de neurones meurent.

Pour les personnes survivant à un AVC, les fonctions perturbées représentent un véritable handicap. Le travail de rééducation est souvent très difficile et la récupération reste partielle. Selon la localisation et l’étendue de l’AVC, un patient peut avoir perdu l’usage d’un ou plusieurs membres (plégie ou spasticité), de la parole (aphasie), de la perception d’une moitié de son environnement et de son corps (héminégligence).

Le cerveau possède une propriété importante qui est à la base des processus d’apprentissage: la plasticité. La plasticité est la faculté des neurones à établir de nouvelles connexions lorsqu’ils sont réquisitionnés par une tâche répétée, pour finalement (re)constituer un réseau fonctionnel.

C’est cette propriété qui est utilisée en rééducation. En répétant une tâche encore et encore, les connexions neuronales impliquées sont renforcées, et peuvent finalement compenser, au moins partiellement, la fonction perdue.

Ce processus se déroule au niveau des zones adjacentes à la lésion, et de façon naturelle.

À noter que dans notre cerveau, la plupart des fonctions font intervenir les hémisphères gauche et droit, et qu’un certain contrôle est exercé d’un hémisphère sur l’autre. À la suite d’un AVC, cet équilibre est rompu et l’hémisphère sain aura tendance à «freiner» l’hémisphère atteint, ce qui peut restreindre la plasticité et finalement compromettre le processus de rééducation.

La stimulation magnétique peut améliorer la récupération fonctionnelle soit en augmentant l’activité directement au niveau de l’hémisphère lésé, soit en supprimant le «frein» exercé par l’hémisphère sain.

Certains travaux ont montré un bénéfice de la stimulation du cortex lésé notamment moteur en phase aiguë (quelques semaines après l’AVC) mais, dans la pratique, vu le risque accru de déclencher une crise épileptique en stimulant une zone encore instable, on retient plutôt la stimulation «inhibitrice» de l’hémisphère sain.

En Suisse, des travaux menés dans ce sens à l’Hôpital de l’Île à Berne ont montré de très bons résultats dans la rééducation de patients souffrant d’héminégligence suite à un AVC. En utilisant un protocole de stimulation novateur durant moins d’une minute, les chercheurs ont amélioré en moyenne de 37% les symptômes de leurs patients, avec des effets pouvant durer jusqu’à trois semaines après la fin de la stimulation.

Une nouvelle piste d’amélioration de la rééducation post-AVC pourrait combiner la rTMS à la stimulation magnétique périphérique. Certains centres allemands utilisant cette approche ont de bons résultats.