LUTTER CONTRE LES ALLERGIES RESPIRATOIRES

Les personnes sensibles aux pollens redoutent leur apparition mais d’autres allergènes peuvent nous gêner lors de nos sorties. Conseils pour limiter ces désagréments au maximum.

Éternuements, nez qui gratte et qui coule, yeux rouges, toux… Un Suisse sur quatre est concerné par une allergie respiratoire. Responsables, dans 50 % des cas : les pollens ; les moisissures, elles, causent 10 % des allergies. « Elles sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne le croit à l’extérieur et sont responsables de symptômes plus violents que les pollens, type sinusites chroniques et asthme, car elles sont très fines et pénètrent dans les voies respiratoires », dit le Dr Bernard Poitevin, allergologue. Le Réseau national de surveillance aérobiologique qui propose un bilan national de la surveillance des pollens et des moisissures dans l’air ambiant, a noté l’an dernier un pic de ces dernières en juillet, la chaleur et l’humidité favorisant leur développement. Quelques réflexes à adopter en prévention.

LES EXPERTS

Pr Denis Charpin pneumologue allergologue, président de l’Association pour la prévention de la pollution atmosphérique

Dr Bernard Poitevin allergologue

ANTICIPER LEUR ARRIVÉE

« Il est indispensable de savoir à quel pollen on est allergique, en observant bien le moment où on est le plus gêné et en faisant confirmer par un test allergologique cutané, appelé prick-test », note le Pr Denis Charpin, pneumologue-allergologue. On peut ensuite se tenir informé grâce à l’alerte pollens qui prévient de l’apparition des premiers pollens dans l’air et recevoir chaque semaine par mail les prévisions pour un ou plusieurs pollens sur  pollenundallergie.ch « Les capteurs étant situés en hauteur, il y a parfois un petit décalage et les gens très sensibles peuvent réagir avant l’alerte : le mieux reste de bien observer la nature », ajoute le Dr Poitevin. On peut par exemple voir apparaître les étamines qui contiennent les grains de pollens au bout des graminées.

INFO +

Le site pollenundallergie.ch publie des bulletins hebdomadaires sur le taux de moisissures, notamment pour les spores d’Alternaria, les plus allergisants. On peut aussi les repérer aux petites taches brunes ou violettes sur les végétaux, dans les forêts ou les jardins. À savoir : elles sont davantage présentes dans l’atmosphère les lendemains d’orage.

CHANGER QUELQUES HABITUDES

Durant les périodes à risque élevé de pollens, mieux vaut adapter ces comportements.

● Préférer déjeuner à l’intérieur plutôt que dans un parc avec beaucoup d’arbres.

● Au lieu de rentrer à pied ou à vélo du travail, prendre les transports en commun ou la voiture, vitres fermées, et penser à nettoyer le filtre habitacle anti-pollens une fois par mois et à le changer tous les ans (15 CHF), au risque sinon de rejeter des pollens à l’intérieur quand on lance la ventilation.

● Éviter les balades, en particulier à la campagne ou en forêt. Limiter les déplacements à l’extérieur au strict minimum (quelques minutes).

● Opter pour du sport en salle. L’activité physique entraîne une hyperventilation qui, en plein air, fait inhaler encore plus de pollens, avec des symptômes aggravés. Un cours de yoga ou un peu de cardio en salle est plus indiqué que le footing ! Si on ne veut vraiment pas y renoncer, préférer le matin avant 9 h ou le soir après 19/20 h.

FAIRE BARRIÈRE

Si le contact avec les allergènes est inévitable, on peut limiter les réactions en utilisant des boucliers.

● Porter des lunettes. Les lunettes de soleil bien couvrantes font écran aux pollens et évitent qu’ils se déposent sur conjonctive. Mieux vaut aussi porter ses lunettes de vue plutôt que ses lentilles si on a déjà les yeux rougis, pour limiter l’inflammation.

● Porter un masque pour jardiner. Pour tondre la pelouse, tailler la haie… il faut s’équiper d’un masque “type masque “canard” FFP2 (un masque de chirurgien ne suffit pas). Il peut aussi être utile si on est obligé de traverser un parc.

LES POLLENS DE JUILLET

En plein été, on trouve encore ces pollens sur tout le territoire :

● graminées en faible quantité, le plus fort de la saison étant passé ;

● urticacées : pariétaire en particulier, qui peut donner des allergies ;

● châtaignier : surtout au début du mois ;

● armoise.

EMPÊCHER LES ALLERGÈNES DE S’INSTALLER

« Le pollen reste allergisant pendant au moins un an : s’il se dépose dans la maison et échappe au ménage, il peut donc entraîner des symptômes durablement », rappelle le Pr Charpin. Objectif : les laisser à l’extérieur et les empêcher de trop envahir nos logements ou nos jardins.

● Se déshabiller en rentrant à la maison. Retirer ses vêtements dès que l’on arrive de l’extérieur pour enfiler une tenue réservée à l’intérieur, si possible dans l’entrée, sinon dans la salle de bains mais jamais dans la chambre pour éviter de contaminer le lit.

● Se laver le nez quotidiennement, avec un spray d’eau de mer ou un peu de sérum physiologique, le soir et même plusieurs fois par jour, en se mouchant après pour évacuer les particules de pollens.

● Rincer le visage et les cheveux tous les soirs : passer le visage à l’eau en rentrant permet d’éliminer les pollens qui s’accrochent aux cils et sourcils. Sans forcément faire un shampoing, il faut aussi rincer à l’eau ses cheveux tous les soirs. « C’est indispensable pour éviter d’entretenir des symptômes nocturnes », note le Dr Poitevin.

● Éviter de faire sécher le linge à l’extérieur car les pollens se déposent sur le linge humide. Utiliser un sèche-linge ou le placer dans une grande pièce bien ventilée car faire sécher du linge très humide à l’intérieur favorise aussi les moisissures !

● Ne pas trop arroser le jardin. Une terre humide favorise le développement de moisissures. Il faut également bien éliminer les feuilles mortes car c’est sur ces feuilles en décomposition que se développent les spores les plus allergisantes.

● Aérer avec parcimonie : ouvrir les fenêtres 5 à 10 minutes en grand mais jamais en pleine journée ni en cas de fort vent, uniquement tôt le matin (avant 9 h) et/ou tard le soir : « L’humidité plus importante retient les pollens sur les plantes, et on en trouve moins en suspension dans l’air », indique le Pr Charpin.

LE CONSEIL DE L’ALLERGOLOGUE : PRENDRE SES CORTICOÏDES SANS ATTENDRE

Si l’on est sous traitement, il est important de prendre ses corticoïdes par voie nasale prescrits par le médecin dès le début de la saison pollinique. « On attend généralement d’avoir les premiers symptômes, mais ils risquent alors d’être moins efficaces car le nez est déjà pris et la muqueuse nasale moins réceptive », explique le Pr Charpin. Ce dernier souligne que ces médicaments, sous-utilisés, sont pourtant souvent aussi efficaces (y compris au niveau des symptômes oculaires) et mieux tolérés que les antihistaminiques. Seule contreindication : si on saigne vite du nez car cela peut être un effet secondaire.

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Médecin Genève

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